Río San Juan, fleuve du bout du monde.

             Río San Juan. Un fleuve mythique, il paraît, et dont on ignorait jusqu’à l’existence avant d’arriver au Nicaragua. Il se dit aussi que les villes ont des allures de far-west qui ne se dévoilent qu’en ferry. Un objectif simple, descendre le fleuve sur deux cent kilomètres et déboucher sur la côte caraïbe. La tentation est grande d’aller y faire un petit tour. Et se laisser glisser dans les méandres de ce fleuve du bout du monde.

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San Juan del Norte

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Petite histoire du Nicaragua

             Nicaragua. Sandino. Révolution. Des mots qui sommeillent au fond de soi, qui donnent envie d’aller à la rencontre de ses vieux rêves d’adolescence, de se frotter à la réalité du pays. Mais avant de partir sur les chemins de la révolution, se replonger dans son Histoire mouvementée depuis la conquête des Espagnols jusqu’à l’omnipotence de Daniel Ortega, son ex-guérillero devenu président à vie ou presque…

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Musique sans frontière

             Tapachula. Ville proche de la frontière du Guatemala. Moite. Sans grand intérêt. Tout autant que cette pluie tropicale qui ne rafraîchit même pas. En route vers le Nicaragua. En bus international. Entre temps, il nous faudra traverser quatre pays. Ou plutôt, ces zones de non-droit, les postes de migration. Juste pour avoir un timbre d’entrée ou de sortie selon le cas. Une perte de temps, d’argent mais c’est aussi un voyage qui nous donnera un petit aperçu de l’Amérique centrale : Guatemala, Honduras, Salvador et Nicaragua.

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L’effet Marichuy

             Silence radio! Silence tout court. Après, le 19 février, date butoir pour obtenir les signatures nécessaires pour être candidate à l’éléction présidentielle au Mexique, Marichuy se tait. Marichuy se terre. Aucune parole, ni apparition publique. Plus surprenant encore, le 8 mars lors de la rencontre internationale des femmes de Morélia, sa présence est plus que discrète et malgré une foule qui la réclame sur scène, elle ne prononcera pas le moindre mot. Evidemment, tout se joue en coulisse. Le CIG et les zapatistes peaufinent leur première parole publique. Malgré l’énorme attente qu’il y a pour tous ceux qui les ont soutenus, mais aussi tous ceux qui leur sont hostiles. Ils prennent leur temps. Comme ils savent si bien le faire.
Le premier communiqué paraîtra le 16 mars 2018 «  Convocataria al siguiente paso en la lucha » (1) où ils déclareront « Nous ne sommes pas parvenus à obtenir les signatures nécessaires, mais nous devons poursuivre notre chemin en cherchant d’autres formes, méthodes et manières, créativité et audace, pour obtenir ce que nous voulons. Notre pari n’a jamais été la prise de Pouvoir, ça a toujours été et sera l’organisation autogestionnaire, l’autonomie, la rébellion et la résistance, pour la solidarité et le soutien mutuels et pour la construction d’un monde fait de démocratie, de liberté et de justice pour tous et toutes »
Petit à petit, les lignes bougent, les mots frémissent. Fin mars, ils annoncent la tenue d’une rencontre « Conversatorio. Miradas, escuchas, palabras. Prohibido pensar ? » du 15 au 25 avril 2018 (2). Une rencontre réunissant intellectuels, journalistes, universitaires, écrivains, féministes, collectifs des tables de signatures, citoyens, etc.. L’ouverture ne se fera pas sous le signe de l’esprit et des idées mais en musique ; le 15 avril, c’est concert ! Difficile de savoir à quoi s’attendre. La curiosité est à son maximum. Alors en avant la musique! Sigue lo que sigue…

 

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Preparatoria José Martí. Une pédagogie de la solidarité

             Á Ixthuatán, la preparatoria José Martí fait de la résistance. Contre les méga-projets miniers et éoliens qui se font de plus en plus féroces. Contre ce système capitaliste qui dévalue les formations où le bien-être de l’élève importe autant que celui de sa communauté. Une école qui se veut différente, et qui est vent debout pour défendre l’idée de jeunes conscientisés au service de leur communauté.
Le 7 septembre 2017, un séisme, d’une magnitude 8.5 sur l’échelle de Richter, aurait pu bouleversé ces trublions d’une éducation alternative. En quelques minutes, la preparatoria n’était plus que ruines et dévastation. Mais ce ne fut pas le cas. Loin de là !. Très vite, ils ont séché leurs larmes, relevé la tête et retroussé leurs manches. Prêt à reconstruire. Á produire des répliques de solidarité. Pour ne pas perdre leur bien le plus précieux, le bonheur de vivre ensemble sur la terre de leur ancêtres, les zapotèques et les ikoots.

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Unión Hidalgo, cinq mois après.

             Retour à Unión Hidalgo, cinq mois après les deux terribles tremblements de terre des 7 et 19 septembre 2017. Il suffit de se balader dans les rues pour comprendre que l’expression retour à la normale est toute relative.
Partout où le regard se pose, des décombres au sol, des tas de briques, quelques tuiles brisées, des bouts de ferraille emberlificotés devant chaque maison numérotée. Des pelleteuses dévoreuses patientent sur la place centrale. Le vent souffle une poussière drue et la luminosité intense du ciel ne dupe personne. Unión Hidalgo est encore meurtri, balafré par les rugissements impétueux de la terre, par une douce nuit de septembre (1). Lire la suite

Carnaval de Yolotepec. Hasta la muerte!

           4h du matin, les cris des chilolos nuevos déchirent la nuit. La lune dessine comme un sourire en biais. Chez le majordome, une douzaine de danseurs, trépignent d’impatience. En costumes de lumière. Les rubans multicolores dénudent l’obscurité. Les grelots sonnent. Comme des Arlequins turbulents. Pour, le moment, ils sont à visage découvert. Le masque posé négligemment sur la corona. Des gamins d’à peine dix ans viennent se joindre aux joyeux danseurs. Un rythme endiablé vient secouer les chilolos, ça vire, ça crie, ça chaloupe. L’harmonica épouse tous les mouvements. Comme si les notes se déposaient aux pieds des danseurs. Ce n’est qu’un tour de chauffe. Il faut encore attendre 6h avant de demander l’autorisation aux autorités du village.

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Carnaval de Yolotepec. Primeros pasos

             Qui aurait cru que Google nous donnerait un des plus beaux moments de ce voyage ? Une recherche Internet sur des carnavals traditionnels dans l’État de Oaxaca. Un petit carnaval nous attire l’attention. Celui de San Juan Yolotepec, en région Mixtèque. Un village qui n’apparaît presque pas sur la carte. Il y a tout de même une page internet.  Dernière publication en 2011… On envoie un petit mail, comme une bouteille à la mer. Et à notre grande surprise, Fernando nous répond avec empressement et nous invite à venir faire la fête du Carnaval. Une autre surprise : sa maison est notre maison. Nous partons sans trop savoir à quoi nous attendre. Tout en pressentant bien que nous allons vivre quelque chose de fort et d’unique. Une telle générosité dans l’invitation ne peut que donner une belle et grande fête. Et nous voilà partis, le cœur battant à la rencontre des Chilolos, les danseurs du Carnaval.

 

 

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Marichuy en terre Chontal. No a la mineria !

             Au Mexique, il y a plusieurs façons de voyager, de se déplacer. Une des plus simples consiste de prendre un bus pour aller d’un point A à un point B. Facile mais sans réel intérêt, si ce n’est la certitude d’arriver à bon port, à une heure décente. Une autre est « transbordarse », se transborder, aller de bord en bord. Pour les pressés, les empêcheurs de rêver en rond, ce n’est même pas la peine. Pour les autres, c’est le Mexique qui s’offre dans toute sa lenteur, dans toute sa splendeur.
Marichuy et le CIG avaient promis de parcourir tout le pays, d’aller dans les zones les plus isolées pour écouter et ramener les douleurs du peuple d’en bas. Elle n’a pas menti. La région Chontal, dans l’État de Oaxaca en est la preuve vivante. Un monde rude entre montagne et Pacifique. Un monde indigène qui attend avec ferveur l’arrivée d’une femme qui leur ressemble. Pour dénoncer encore et toujours ces projets de mines mortifères qui gangrènent le pays.

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Acteal I. Petite histoire des Abejas

             Comme une blessure inguérissable, le massacre d’Acteal revient comme un abominable serpent de mer tous les 22 décembre de chaque année. On se souvient de l’horreur, des corps mutilés, des vies arrachées pour toujours. Comme si cette date était à jamais indépassable. Pourtant, Acteal a su se construire une histoire, a su poser les bases d’une organisation, celle des Abejas. Et avant d’évoquer les 20 ans du massacre, revenir sur les 25 années de cette organisation. Parler du passé pour mieux comprendre les enjeux d’aujourd’hui et peut-être entrevoir les bases d’un futur plus confiant.

Cérémonie dans l’ermitage d’Acteal.

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