Ciudad de México. Ultima estación

             El Monstro. La Ciudad de México mérite bien son nom. 22 millions d’habitants. Et combien d’âmes perdues ? Impossible à savoir. Tout va trop vite, trop fort. Les mouvements vont dans tous les sens. Sans but. Les points cardinaux semblent avoir perdu le Nord. Le sud n’existe plus. Ou seulement dans le creux de l’épaule d’un rêveur.
Une ville qui fourmille de mille vibrations. Mille surprises. Bonnes ou mauvaises selon le moment et le lieu. Ou selon sa chance aussi. Pour autant, une ville qui ne laisse pas indifférente pour celle et ceux qui partent à la recherche de sa beauté cachée. Parce que les cris sur les murs, les visages fatigués, les sourires discrets et toutes ces petites touches poétiques donnent une autre couleur, une certaine douceur au monstre qui sommeille au cœur de cette ville infernale.

 

 

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Nezahualcoyotl. La ville et le poète.

             Nezahualcoyotl. Roi, poète et architecte aztèque. Il donnera son nom à un des quartiers les plus importants de Ciudad de México. Il se dit aussi que c’est un des plus violents où les féminicides, les homicides sont parmi les plus élevés de l’état de México. Plus d’un million d’habitants Un quartier presque aussi grand que Paris intra-muros. Une démésure à la Mexicaine puisque sa capitale, elle, atteint près de 22 millions d’habitants.
Forcément, un quartier qui porte le nom d’un poète peut donner envie de faire de la poésie. Jonathan Ruiz, malgré les difficultés de vivre dans un quartier aussi chaotique, n’a pas hésité à saisir les mots pour parler de sa réalité quotidienne. Pour mettre de la couleur sur le gris des murs de sa ville.

 

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Ayotzinapa. La grande manipulation.

             Ayotzinapa. Juin 2018. 45 mois d’absence. 1369 jours d’une douleur indicible. L’impunité prime toujours. Le silence complice de l’État continue de tisser son sombre linceul. La Justice n’a jamais daigné jeter le moindre coup d’œil du côté de l’Armée. Et le manque se fait chaque jour plus cruel. Mais pour autant, en ce mois de juin 2018, quelques nouvelles vont redonner de l’espoir.

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Palabras que caminan, estado de México.

Etat de Mexico, Marichuy et la douleur des femmes.

              Depuis deux mois, Marichuy parcourt le pays. Comme promis, elle est allée à la rencontre des peuples originaires de l’État de Morelos, de Puebla, de Vera Cruz, du Tabasco, de Campeche, de Jalisco. Comme promis, elle a écouté, partagé leurs espoirs, leur souffrance. À chaque fois, les mêmes litanies de douleurs et d’impunité. Marichuy et le CIG, en côtoyant ces luttes, sèment des graines de résistances à chaque rendez-vous. Comme un écho de ce Mexique rebelle qu’elle arpente avec force et conviction, avec comme unique ambition d’armer les consciences et de : « Décoloniser la pensée capitaliste et patriarcale. Nous rendre à l’évidence qu’une autre forme de gouvernement est possible et qu’entre les ruines naissent les espoirs d’un monde nouveau».
Fin Novembre, Marichuy a fait quatre escales dans l’état de Mexico, un des plus violents du pays. Deux pôles urbains où violences, féminicides et expropriations régissent le quotidien de millions de personnes (Texcoco, Ecatepec). Dans un des quartiers les plus sensibles de la capitale, Nezahuacoyotl, mais également à l’UNAM (1), où elle a longuement traité de la violence faite aux femmes.
Pour Marichuy, ces rencontres représentent un véritable défi dans un territoire où la question indigène est exsangue, où les liens de communauté n’existent quasiment plus, où les espoirs de changement sont annihilés par les stratégies de survie dans cette ville monstre qui dévore ses enfants. Chaque jour un peu plus…

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Ayotzinapa. Un noël de trop.

             26 novembre 2017. Un froid glacial parcourt les rues de Mexico DF, la capitale du pays. Des buildings de vitres et d’acier reflètent un pâle soleil d’hiver. Même l’ange de l’indépendance tout en haut de son piédestal semble frigorifié. En bas, une clameur aussi glaçante que l’air ambiant « Vivos se los llevaron, vivos los queremos » (1). Depuis ce funeste 26 septembre 2014, c’est le cri de ralliement des parents et soutiens des 43 disparus de l’école normale d’Ayotzinapa (2).
38 mois, plus de 1000 jours que des mères pleurent leur fils, que des pères attendent des nouvelles, que des familles recherchent la vérité. Et toutes ces nuits sans sommeil, toutes ces manifs pour réclamer justice, tous ces rendez-vous inutiles avec le gouvernement pour tenter d’approcher l’innommable. Aujourd’hui, cette marche en est une parmi tant d’autres. Une de plus. Mais ce ne sera pas la dernière. Les parents ne renonceront jamais. Leur seul credo : «  Verdad y Justicia ».

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