Nezahualcoyotl. La ville et le poète.

             Nezahualcoyotl. Roi, poète et architecte aztèque. Il donnera son nom à un des quartiers les plus importants de Ciudad de México. Il se dit aussi que c’est un des plus violents où les féminicides, les homicides sont parmi les plus élevés de l’état de México. Plus d’un million d’habitants Un quartier presque aussi grand que Paris intra-muros. Une démésure à la Mexicaine puisque sa capitale, elle, atteint près de 22 millions d’habitants.
Forcément, un quartier qui porte le nom d’un poète peut donner envie de faire de la poésie. Jonathan Ruiz, malgré les difficultés de vivre dans un quartier aussi chaotique, n’a pas hésité à saisir les mots pour parler de sa réalité quotidienne. Pour mettre de la couleur sur le gris des murs de sa ville.

 

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La familia Raíces. Son de Oaxaca.

             Oaxaca, juin 2006. La ville gronde. Des barricades fleurissent dans les rues. L’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO) voit le jour. La répression policière est féroce. L’insurrection durera près de six mois et prendra des airs de Commune de Paris. Un air rebelle et entrainant va porter les espoirs de cette ville qui lutte et qui résiste, une chanson au bout des lèvres. El son de las barricadas sera l’hymne de ces jours enfiévrés. Une chanson qui s’inscrit dans la plus pure tradition du son jarocho et dont la famille Raices en est un bel et modeste exemple.

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Unión Hidalgo. Des visages et des murs.

Un texte à lire en musique : https://www.youtube.com/watch?v=ysW20BIh120

             À Unión hidalgo, les murs ont une histoire. Et même si le tremblement de terre de septembre a défiguré le village (1), le collectif Binni Cubi y a laissé son empreinte. Sur les murs, le visage de ces femmes et de ces hommes qui sont l’âme et la force de la culture zapotèque (2). Des œuvres qui sont tellement imprégnées dans le paysage qu’il suffit de mentionner un mural à un moto-taxi pour indiquer la direction où l’on veut se rendre.
Aujourd’hui, il ne reste plus que deux muraux sur les onze que comptait le village mais il suffit de discuter avec Jose ou Alfonso Arenas pour faire revivre les noms et visages des murs disparus sous les décombres. Et au milieu des ruines, par la simple force des mots, révéler la couleur d’une mémoire qui se dessine au présent.

Ta Chente Doy.

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Avec le peuple Nasa, Maria Antonieta.

             Des champs de cannes à perte de vue. Puis soudain, un campement de fortune. Des structures de bambous, des bâches de plastiques et une cuisine improvisée. Derrière les vieilles marmites, une femme toute menue, étincelante avec son t-shirt jaune. Une tresse noire et un sourire à désarmer n’importe quelle brute épaisse. Elle s’agite, pose un couvercle, jette un peu de sel tout en continuant à discuter et à rire avec une jeune femme. Alerte, elle surveille le feu comme le campement et dès qu’un visage s’approche, elle offre spontanément un petit mot de bienvenu et un café.
Maria Antonieta, reine de ce petit bout de terre en résistance. Maria Antonieta, un des maillons indispensables de cette chaîne humaine que forme la libération de la Terre Mère. Derrière une casserole, face à la police, une machette à la main ou plus humblement avec une cuillère à soupe, tous ont un seul et même rêve : vivre et travailler la terre qui leur revient de droit.

LaChilindrina

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Honduras. La voix des femmes contre la violence.

             Avec Internet, on trouve tout ce que l’on veut et parfois même ce que l’on ne veut pas. Nous devons nous rendre à San Pedro Sula, deuxième ville du Honduras. Nous ne connaissons rien sur cette ville. Nous avons un contact, Karen, rien de plus. Alors pour en connaître un peu plus, direction le web et là, on tombe sur un titre éloquent : « Dans l’enfer de San Pedro Sula, la ville la plus violente au monde » (1). Dans cet article, les chiffres, pour une zone hors conflits, sont édifiants, comme celui du taux d’assassinats proche de 85 pour 100 000 personnes en 2013 (en comparaison, il est de 56 au Venezuela et de 4,78 aux États-Unis). En moyenne, vingt morts par jour. Et si on changeait de destination ? Comme une envie soudaine de visiter les jolies plages du Costa-Rica…
Mais nous savons bien, venant de Marseille, que les mauvaises réputations ne sont pas toujours aussi mauvaises que l’on le dit. Avec cette idée en tête, nous sommes allés rencontrer les militantes du « Foro de mujeres por la vida » (2), association féministe qui travaille essentiellement sur la question du féminicide mais aussi sur les disparitions forcées de femmes, sur la dure réalité des migrantes, sur le droit au travail dans les maquiladoras, etc…

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Des femmes qui luttent, manifestent, dénoncent sans relâche les violations des droits humains. Et leur courage ne peut que forcer notre admiration. Et nous donner envie de croire, avec elles, à un Honduras plus juste.

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El Padre Miguel, curé des Altos du Chiapas.

             San Cristobal de las Casas, place du Cerillo. Une église tout en couleurs, des bancs qui appellent à la flânerie. Au coin de la rue, apparaît un tout petit bonhomme. Il marche d’un pas alerte, une casquette bleue vissée sur la tête, une canne verte avec une tête de serpent, impossible de le rater. Il s’arrête chaque minute pour saluer quelqu’un. Une mamie pose sa tête face à lui. Il l’embrasse sur le front. Un autre lui lance une blague. Il répond du tac au tac. Et ses petits yeux rieurs illuminent son visage et donnent un air facétieux à ce grand enfant qu’est le père Michel Chanteau. Un petit curé français qui passa plus de trente ans à Chenalhò dans les Altos du Chiapas, auprès des indigènes Tzotzils. Lire la suite

Mi casa es tu casa. Feliciano, peintre à Juchitán.

             À Juchitán, il y a des iguanes dans les arbres. Et des muxes dans la rue. Tout cela fait partie du décorum de la ville. Mais finalement ce qui restera le plus important pour nous, c’est la rencontre avec Feliciano. Croisé au zocaló, une bicyclette à la main. Un sourire avenant. Une coupe afro et des yeux rieurs. Il aime discuter avec les étrangers. Il se présente. Il est peintre. Bières après bières. Mezcals après mezcals, la nuit ouvre les confidences. Lire la suite

Maria Sabina en VO

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           Maria Sabina avait pour coutume lors de ces cérémonies nocturnes de chantonner dans sa langue maternelle, le mazateque. Ces mots furent traduits en espagnol. Ils sont puissants. Tout droit sortis de l’infra-monde. Je ne vous propose aucune traduction en français, par peur d’en altérer les sensations. Laisser vous porter par le rythme. Laisser vous emporter par les sons. Maria vous attend. La-haut dans sa petite montagne sacrée.

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