Desde Oaxaca. El Taller Artistico Comunitario

             Á Oaxaca, les murs racontent des histoires. Sur un mur bariolé, Zapata semble vouloir refaire sa révolution. La moustache vibrante de ses colères homériques. Plus loin, une gamine regarde des papillons s’envoler vers la mort qui plane au-dessus d’elle. Même pas peur ! semble-t-elle dire en disparaissant au coin de la rue. Posée sur une façade, une femme-fleur palpite au cœur d’un épi de maïs. Ses désirs sur le point d’éclore en mille morceaux.
Il s’agit de gravures de taille monumentale qui essaiment sur les murs de la ville. Un art de rue qui se veut à la fois esthétique et politique. Porteur de la tradition de l’art graphique dont peut s’enorgueillir México depuis plusieurs générations. Ici, les ateliers de gravures sont légions et pour mieux essayer de comprendre un tel engouement, nous avons rendez-vous avec Mario Guzmán, membre fondateur du Taller Artistico Comunitario (TAC).

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México negro. La danza de los diablos 3/3

             Au Mexique, les populations noires ont pendant très longtemps représenté une minorité silencieuse. Elles n’avaient pas leur mot à dire. Alors, elles se sont mises à danser. Une danse tribale,  avec des masques d’inspiration africaine, qui se revendique sous le nom de la danza de los diablos. Elle se déroule lors de la fête des morts le 1er et 2 novembre sur la Costa chica du Guerrero. L’épicentre se situe à Cuajinicuilapa appelée aussi la Perla Negra del Pacifico.
Aller à la rencontre de ces danseurs diaboliques, c’est participer à une fête traditionnelle qui ne se veut pas seulement le reflet des forces évocatrices du passé, mais aussi le symbole d’un Mexique moderne en train de se ré-inventer. C’est affirmer une afro-mexicanité qui n’a plus peur de son ombre. C’est peut-être là, à Cuaji, que les esclaves ont commencé à se libérer de leurs chaînes. En dansant. Tout simplement.

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México negro. De l’esclavage à l’afro-mexicanité 1/3

             Pendant très longtemps, la question des populations noires au Mexique a été occultée, confinée dans les marges de l’Histoire. Par contre, des pages entières ont été consacrées aux mauvais traitements infligés aux indigènes par les conquistadors. Puis, les Mexicains sont devenus, dans son immense majorité, un peuple de métis, avec bien sûr une hiérarchie en fonction de la clarté de la peau. Les indigènes, par la voix des zapatistes ont réussi à conquérir une certaine reconnaissance sociale alors que les populations noires n’en sont encore qu’aux prémisses.
Par la force de vents porteurs, les opprimés d’hier sont devenus les afro-mexicains d’aujourd’hui. Mais pour bien comprendre ce concept d’afro-mexicanité, il nous faut remonter à la source de l’histoire, écouter les légendes du passé et appréhender le présent dans toute sa complexité. Et surtout rappeler que cette population déracinée, opprimée, a largement contribué par sa force de travail à la formation économique, social et culturel du pays. Une composante culturelle, certes minoritaire, (1) du Mexique du XXI ème siècle mais qui ne veut plus se taire.

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Valio la pena

Finir ce blog en musique
Matière première de ce voyage
Chansons qui m’ont traversée
Qui m’ont fait danser, rire, pleurer parfois.
Qui m’ont donné l’impression d’être un peu plus vivante à chaque pas
Et dans un grand éclat de rire, se dire

Valio la pena!

Peuple Nasa. La libération de la Terre Mère. Partie II

             « Le mouvement indigène du Cauca, après avoir analysé, débattu, et compris que le gouvernement ne respecterait jamais les accords passés, se déclare de nouveau en soulèvement en vue de la libération de la Terre Mère, l’un des sujets les plus sensibles et prioritaires pour le mouvement indigène ». Suite à cette déclaration, le 14 décembre 2014, le peuple Nasa décide de relancer le processus de libération de la Terre Mère.

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Les Garifunas. Culture et peuple en résistance. Le Guatemala, partie I.

             Souvent, à tort, on pense que le Guatemala est peuplé seulement de descendants des Mayas mais lorsqu’on s’approche de la côte caraïbe, on découvre la réalité d’un peuple pluriel dont les Garifunas sont une composante singulière.
Nous avons un contact, Juan Carlos Sanchez. Juste un nom. Pas de numéro de téléphone, il suffira de demander après lui et on nous dira où il est. Apparemment, il est connu comme le loup blanc. Près du port, dans le patio d’un hôtel, une petit affiche « Jours de découverte de la culture et de la gastronomie garifuna ». Intrigués, nous nous approchons. Un grand gaillard nous accueille, un sourire avenant, un regard pétillant, une poignée de main franche et cordiale. Il nous invite à goûter à la cuisine d’ici. Il nous parle de la culture garifuna. Sa vie, sa passion. Son nom, Juan Carlos Sanchez. Voilà notre homme, pas eu besoin de le chercher bien loin !
Le lendemain, on se retrouve pour un petit moment d’échange informel. Il nous raconte sa terre, l’histoire de sa culture séculaire et nous murmure quelques mots en langue garifuna. Il est intarissable et sa voix mélodieuse nous rappelle qu’il est aussi un musicien passionné. Un passeur de traditions par les chants, les tambours, la danse, la gastronomie, les cérémonies. Il ne reste plus qu’à l’écouter remonter l’histoire de son peuple et se retrouver à bord de l’embarcation originelle. Le voyage commence.

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Maria Sabina en VO

         14BIS

           Maria Sabina avait pour coutume lors de ces cérémonies nocturnes de chantonner dans sa langue maternelle, le mazateque. Ces mots furent traduits en espagnol. Ils sont puissants. Tout droit sortis de l’infra-monde. Je ne vous propose aucune traduction en français, par peur d’en altérer les sensations. Laisser vous porter par le rythme. Laisser vous emporter par les sons. Maria vous attend. La-haut dans sa petite montagne sacrée.

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